Les pratiques d'enseignement du français : langue seconde à Madagascar
Cécile Marie-Ange Manorohanta, Gilles Bibeau, Université de Montréal (Graadverlenende instelling)
La présente recherche, de type enquête, avait comme but d'arriver à une description des pratiques d'enseignement-apprentissage du français langue seconde à Madagascar. Elle visait en particulier à répondre aux questions suivantes: (1) Quelles sont les pratiques d'enseignement que les enseignants de français de Madagascar utilisent ? (2) De quels types de pratiques d'enseignement s'agit-il ? (3) Quels aspects de la langue sont privilégiés ? (4) Est-ce que les enseignants varient leurs pratiques selon les niveaux d'enseignement ? (5) Est-ce qu'il y a une relation entre les variables socioprofessionnelles des enseignants et leurs pratiques ? Pour répondre à nos questions de recherche, nous avons utilisé un questionnaire comprenant deux parties : une partie sur les variables socioprofessionnelles et une partie sur les pratiques d'enseignement en tant que telles. Les six variables professionnelles retenues sont: le sexe, l'âge, les régions, le niveau de compréhension français, le niveau de maîtrise du français et le niveau de formation. Les pratiques d'enseignement ont été empruntées à un questionnaire déjà construit par M'Koun et Bibeau (1988) pour décrire l'enseignement de l'anglais au Québec. Le questionnaire était lui-même construit à partir de la grille FOCUS de Fanselow que les auteurs ont réaménagée en tenant compte du fait qu'il ne s'agissait pas d'une grille d'observation directe, comme c'était le cas chez Fanselow, mais d'un questionnaire visant à recueillir l'opinion des enseignants des langues sur leurs propres actions didactiques. Nous sommes arrivées une description des pratiques d'enseignement que la majorité des enseignants utilisent dans les collèges et lycées à Madagascar, selon les différents niveaux scolaires. Ces pratiques se situent principalement autour de l'enseignement de l'écrit et de la grammaire et font massivement appel au travail des élèves. Sur les 61 pratiques qui ont été soumises aux enseignants, 37 pratiques ne dépendent d'aucune variable socioprofessionnelle dont 19 sont très privilégiées et 18 ne le sont pas. Les opérations mentales qui, sont fréquentes au niveau des collèges consistent à prendre de l'information, faire un commentaire ou porter un jugement sur des informations et reproduire de l'information. Alors qu'au lycée, les pratiques d'enseignement les plus à tous les niveaux consistent à prendre de l'information, la présenter et faire des ou des inférences. Il n'y a pas de variables socioprofessionnelles qui départagent clairement et de manière significative des pratiques d'enseignement, bien que le sexe, l'âge, le niveau de compréhension du français et le niveau de formation varient passablement
Dissertatie, scriptie, French, 1998
UMI, Ann Arbor (Mich.), 1998