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La guerre civile en Algérie, 1990-1998

Phare du Tiers Monde sous le leadership de Houari Boumediène, laboratoire de la transition démocratique après les émeutes de 1988, l'Algérie a sombré dans la guerre civile à la suite de l'annulation des élections législatives de décembre 1991. La cause serait entendue: l'islamisme serait le principal responsable de cette tragédie. Mais en réalité les ressorts de la violence, dont la pratique est souvent vécue comme une vertu, relèvent d'un imaginaire social et historique de la guerre. Sous couvert du djihâd, les bandes armées se réclamant de l'islam cherchent à accaparer des positions de pouvoir et d'accumulation. L'armée, quant à elle, instrumentalise la violence pour maintenir son hégémonie et conforter sa légitimité, notamment internationale, en se posant comme garante de la "laïcité" contre la menace "intégriste". Les deux camps sont des ennemis complémentaires. Et l'économie politique de la guerre civile s'inscrit dans la continuité de celle du beylicat ottoman, de la conquête et de l'occupation françaises, de la lutte de libération nationale

Print Book, French, ©1998
Karthala, Paris, ©1998