Les Ituréens et la présence arabe au Liban du IIe siècle a.C. au IVe siècle p.C
Aliquot, Julien (Creator)
Entre la seconde moitié du IIe siècle a.C., où ils sortent de l'ombre, et le IVe siècle p.C., où l'on perd leurs traces dans la tradition littéraire, les Ituréens occupent un domaine qui correspond au Liban antique (Mont Liban, Anti-Liban et Mont Hermon) et à la Békaa, leur présence n'excluant sans doute pas celle d'autres groupes sociaux dans cette région. Il faut les distinguer la tribu biblique de Yetûr, ce qui amène à mettre en cause la thèse classique d'une migration des seconds depuis l'Arabie et la Transjordanie. Par ailleurs, les Ituréens peuvent être caractérisés comme un groupe social dont l'onomastique et les cultes laissent supposer une origine arabe et que son aramaïsation linguistique et culturelle rapproche des autres populations indigènes de la Syrie et de la Phénicie. Au Liban, les princes ituréens s'affirment au détriment du pouvoir gréco-macédonien avant de collaborer avec les maîtres successifs de la Syrie et d'entrer dans la clientèle de Rome. S'ils appartiennent ainsi au cercle des fossoyeurs de la monarchie séleucide, les princes ituréens n'en apparaissent pas moins, au même titre que leurs homologues hasmonéens et éméséniens, auxquels ils sont liés par des alliances diplomatiques et matrimoniales, comme des dynastes hellénisés. Face à l'échec des Mennaïdes, princes de Chalcis du Liban, la refondation d'Arca-Césarée du Liban par les dynastes du Liban Nord contredit l'image des brigands nomades et suggère que la présence ituréenne ne constitue pas un obstacle à l'urbanisation de cette région du Proche-Orient hellénisé
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Mélanges de l'Université Saint-Joseph (MUSJ)
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