Couleur et identité : le miroir des apparences dans la genèse de populations créoles
Jean-Luc Bonniol, Philippe Joutard, Université de Provence Faculté des lettres et sciences humaines (1969-2011). (Degree granting institution)
Les sociétés créoles sont caractérisées par l'utilisation d'un certain nombre de caractères physiques discriminants comme matériau de leur différenciation interne. À partir d'une réflexion théorique replaçant la "race" comme figure possible de l'identité, puis d'une étude historique générale sur l'émergence et l'évolution du préjuge de couleur dans les Antilles de colonisation française, il est proposé de considérer l'interaction entre réalité symbolique et réalité biologique qui s'établit par la "gestion" sociale du patrimoine génétique. Pour ce faire deux petites îles sont choisies comme laboratoires : Terre-de-haut des Saintes, dotée d'une population homogène en grande partie d'origine européenne, et La Désirade, modèle de société racialement segmentée. La restitution informatisée de réseaux généalogiques permet de suivre de manière exhaustive le cheminement des gènes d'une génération à l'autre. Après le repérage de certains paramètres touchant l'organisation familiale, une étude généalogique globale fait reconnaître la dynamique de population dans les deux îles, marquée par la persistance d'une barrière interne à La Désirade, alors que le métissage progresse dans les deux cas. Les facteurs influant sur l'économie matrimoniale tiennent à l'espace, aux comportements racialement homogames en tant que tels, à la parenté et aux rechaînements d'alliances. Les résultats obtenus sont confrontés aux mémoires familiales, aux apparences physiques telles qu'elles sont perçues et enfin à la réalité génétique (grâce à une enquête biologique menée à La Désirade)..
Computer File, French, 2024